
J’essaie, dans une grande partie de mon œuvre, d’insuffler à toute chose, y compris les objets prétendus inanimés, le souffle de l’esprit humain. J’en suis venu à comprendre, progressivement, que cette projection animiste résultant, au bout du compte, de la peur extrême et de l’inquiétude profondes que je ressens devant la mécanisation de plus en plus rapide de la vie humaine, ainsi que de la tentative qui en découle d’effacer la marque de l’individu dans toutes les sphères de l’activité humaine, l’ensemble de ce processus étant une des expressions dominantes de notre société militaro-industrielle…
L’artiste photographe libère le contenu humain des objets et confère une humanité au monde inhumain qui l’entoure.
Clarence John Laughlin – 1905-1985 – appelé “le père de la photographie surréaliste américaine”
la photo argentique noir et blanc sublimation de l’image
La photo présente des contenus qui n’existent plus dès que la prise de vue est faite : objets, lieux, personnages sont alors dans un double du monde, un monde surréaliste. Rien à voir avec la mode artistique des peintres et des poètes qui porte l’intérêt pour une écriture automatique au hasard d’éléments inattendus. Cet état surréaliste n’est pas sorti des rêves, de l’inconscient, ou du psychisme, mais est le résultat d’une relation intime entre image et réalité, une sensation qui nous séduit, nous calme dans un silence bienfaisant, ou nous angoisse l’âme saisie par le tragique de la vie. Voici une galerie de photographies personnelles. Bien sûr, il y a l’aspect technique, mais le plus important est l’objet. Photos anciennes mal cadrées. Objets ordinaires ou de rencontre lors d’événements, de promenade…Tout cela existe et nous charme. Tout photographe est amateur, tout amateur est photographe. C’est le contenu qui séduit, nous étonne. L’objet nous parle et le photographe, comme le spectateur, se taisent.
















