Les photos, témoignage du passé, une sorte d'anthropologie culturelle

Réalisées essentiellement entre 1932 et 1935, ces photographies -un total répertorié de 2936 négatifs- seront abandonnées après le dernier grand voyage. Elles n’ont pas été utilisées comme des repères pour les romans et très peu comme illustrations aux textes des journaux.

Simenon a parcouru le monde au rythme du fleuve, de la mer, par route, par avion. Ce n’est pas un touriste égocentrique obnubilé par le pittoresque et l’exceptionnel. C’est un homme pressé certes mais déterminé et curieux. Son désir : voir le monde et le réel, rencontrer l’homme dans son entourage de vie et sous toutes les latitudes.
Il en rapporte des images de lieux, de décors, d'objets, de situations qui aujourd'hui ont disparu dans les mouvements de l'histoire contemporaine, dans les désastres humains et écologiques, tristes privilèges de notre "évolution et croissance".

Beaucoup de lieux, sinon la plupart, que Simenon aime décrire,[…] auront disparu dans un avenir relativement proche. Aucun anthropologue culturel n’aurait pu mieux les préserver pour la postérité. Lis Harris, critique américain, dans “The New Yorker”.

Il y a donc davantage qu'une curiosité et qu'une investigation de voyageur.  La grande aventure exotique n'est pas le genre de Simenon. Ce que montrent ces reportages ne sont que tromperie, dira-t-il lors d'un entretien.

Dans cette série de photos des exemples de lieux patrimoines caratéristiques de ces années : Charleroi, le Congo, le port de Varna en Bulgarie.